Notre ville est le point de confluence de 3 rivières : l’Yvette, le Rhodon et le Montabé
L’Yvette prend sa source à Lévis-Saint-Nom puis traverse 16 communes dans les Yvelines et dans l’Essonne.
Le Rhodon naît au Mesnil-Saint-Denis, passe à proximité de l’abbaye de Port-Royal des Champs et se jette dans l’Yvette à Saint-Rémy-lès-Chevreuse. Le ru du Montabé, appelé aussi ruisseau de Saint-Paul, vient des Molières, et Boullay-les-Troux avant de se jeter dans l’Yvette.
Ces 3 cours d’eau se rejoignent au centre-ville. Les rivières et zones humides de la vallée de l’Yvette constituent des écosystèmes à part entière. Elles jouent un rôle essentiel en termes de ressources en eau, biodiversité, paysage et culture.
Qui gère le risque inondation ?
Le SIAHVY (Syndicat intercommunal pour l’aménagement hydraulique de la Vallée de l’Yvette) gère les réseaux d’eaux usées et l’aménagement hydraulique pour 38 communes du bassin versant de la vallée de l’Yvette.

Il intervient dans la prévention des inondations, la restauration des rivières et des zones humides, ainsi que dans l’élaboration et la mise en œuvre des documents de planification et de gestion hydraulique pour ce territoire. Le SIAHVY assure également la collecte, le transport et le traitement des eaux usées des communes adhérentes.
Depuis sa création en 1945, le SIAHVY s’est attaché à accompagner les collectivités par la création d’aménagements structurants (bassins de retenue). Au fil des années, il a renforcé ses compétences afin de répondre aux exigences réglementaires et à une meilleure prise en compte de la biodiversité.
Comment ?
En 1930, des pluies diluviennes font monter rapidement le niveau du lac de Beauséjour, la digue en terre cède, des tonnes d’eau et de boues dévalent vers le centre-ville.
D’autres inondations ont eu lieu jusqu’à la deuxième Guerre mondiale, noyant la prairie de Coubertin et le centre-ville.
Depuis, d’importants bassins de retenue ont été installés à Saint-Forget, Chevreuse, Gif-sur-Yvette (bassin de Coupières), Bures-sur-Yvette, Villebon-sur-Yvette (bassin du moulin de la Planche) et Saulx-les-Chartreux, de façon à limiter les conséquences des crues (bassins écrêteurs de crues). Un septième bassin est situé sur la Mérantaise à Gif-sur-Yvette. En tout, les bassins totalisent une capacité de 2.2 millions de m3.
Mais les bassins de retenue ne sont pas une réponse suffisante. La renaturation des cours d’eau, c’est-à-dire la remise dans leur lit naturel modifié par l’activité humaine, est un moyen aujourd’hui jugé efficace et complémentaire car facilitant leur débordement dans des zones naturelles. L’impact de ce type d’actions est bénéfique tant en amont qu’en aval.

Mais notre ville reste fragile
Les 9/10 et 17/18 octobre derniers, des évènements météorologiques d’une violence inédite, couplés à la saturation des sols à la suite de pluies continues de ces derniers mois, ont provoqué une situation dépassant largement les évènements de 2016 et 2018.
En 48 heures, 1 mois et demi de pluie (soit plus de 100 mm d’eau) se sont déversés, entraînant la saturation des bassins de l’Yvette, de Saint-Forget jusqu’à Bures-sur-Yvette, le débordement des 3 rivières, dont le rû du Montabé transformé en torrent avec les ruissellements depuis les plateaux.
Dans la nuit du 9 et 10 octobre, 50 personnes ont été mises en sécurité, 350 sinistrées, 260 foyers sans électricité pendant plus de 38 heures. Des personnes âgées de l’Ehpad du centre-ville ont été installées dans les étages. Il n’y a pas eu de victime, le traumatisme des personnes touchées par ces évènements résulte des dégâts constatés dans nombre d’habitations et 13 commerces du centre-ville.
L’alerte a été donnée dès le 9 octobre afin notamment que les propriétaires sortent leurs véhicules garés dans les sous-sols et surélèvent un maximum de biens.
Tout au long de ces journées et de ces nuits, les services de l’Etat, le Préfet, les gendarmes et pompiers et bien entendu les élus et services de la Ville ont œuvré pour prévenir les habitants, protéger leurs biens, venir en aide. La mobilisation des associations, des parents d’élèves, de la Croix-Rouge et des citoyens a été essentielle.
Or, les 17 et 18 octobre, des pluies intenses ont entraîné de nouvelles crues, bien que les bassins aient retrouvé une certaine capacité de stockage.
Comment améliorer la protection des biens et des personnes ?
Responsables ?
Comme à chaque évènement impactant les individus, des responsables sont recherchés, c’est un réflexe normal car on a tous besoin d’explications rationnelles face à des situations de crise.
Rappelons que les crues très importantes ont été répertoriées dès le début du XXe siècle, alors que notre ville n’était quasiment pas urbanisée, constituée essentiellement d’espaces naturels.
Son positionnement géographique, au fond d’une vallée surplombée par des plateaux et traversée par des cours d’eau est un élément intangible et déterminant.
Plusieurs phénomènes peuvent survenir : les inondations par ruissellement, par débordement ou par remontée de la nappe phréatique et saturation des réseaux.
Soit, mais que faire ?
La volonté de la ville est de mettre en œuvre une gestion de l’arrivée des masses d’eau en accentuant les zones d’expansion des crues dans les zones naturelles et d’explorer toutes les pistes possibles avec les experts du SIAHVY, dont le concours est primordial. Cette démarche a été engagée dès 2018.
Des projets de renaturation sont ralentis actuellement par des mesures de protection d’espèces protégées, (comme les écrevisses à patte blanche par exemple). Il est bien compréhensible de protéger la biodiversité, mais la sécurité des biens et des personnes est un impératif qu’il faut traiter avec réalisme et rapidité.
Par ailleurs, l’obligation de la ville de construire des logements sociaux (400) alors que la commune est constituée de 70 % de zones naturelles, d’espaces boisés classés de sites classés, est une équation impossible à réaliser.
Pas de risque Zéro
Nul ne peut garantir qu’un tel évènement ne puisse se reproduire. Le dérèglement climatique crée des phénomènes violents et soudains.
Ce type d’évènement peut malheureusement recommencer, une meilleure protection des habitations permettra d’avoir la capacité de résilience nécessaire. Dans cet objectif, le SIAHVY va recruter un préventionniste afin d’aider les personnes vulnérables à mieux se protéger. Nous reviendrons très prochainement sur cette action nécessaire.
Dès 2020, le DICRIM de la ville (Document d’information communal sur les risques majeurs) disponible en ligne, a répertorié tous les risques pouvant se présenter et notamment les inondations (pages 8 et 9) indiquant les mesures de protection, les attitudes à avoir et notamment le dispositif d’alerte mis en place par le SIAHVY :
Pour vous inscrire, rendez vous sur le site internet du siahvy (siahvy.org), rubrique bulletins crues, puis bulletins d’alerte, vous serez redirigé vers la plateforme de Téléalerte.

Le portail de l’État (géorisques.gouv.fr) permet, dans chaque ville, de s’informer sur un risque, se préparer et se protéger et être accompagné.