Figure incontournable du judo local, Marc Houget incarne l’esprit de transmission et de persévérance de ce sport. De ses premiers pas sur les tatamis de Saint-Rémy-lès-Chevreuse à l’obtention de son 6e dan en octobre dernier, retour sur un parcours marqué par la passion, l’excellence et l’engagement au service des autres.
Saint-Rémy ma ville : À quel âge avez-vous commencé le judo ?
Marc Houget : Mon père, Guy Houget, était professeur de judo et cofondateur en 1963 du premier dojo de Saint-Rémy-lès-Chevreuse. Il enseignait dans l’arrière-salle du café, « Le Village » (aujourd’hui le Crédit Mutuel), avant la construction de l’ancien gymnase, remplacé depuis par le complexe sportif des 3 Rivières. J’ai donc découvert les tatamis très jeune, aux côtés de Jean-Luc Rougé, élève de mon père et futur champion du monde en 1975 à Vienne. J’ai pris ma première licence à 4 ans.
SRMV : À quel âge avez-vous passé votre ceinture noire ?
MH : J’ai obtenu ma ceinture noire (shodan) à 15 ans, l’âge minimum requis. Porter la ceinture noire, c’est incarner des valeurs de respect, de courage et d’humilité. Ce grade symbolise autant une reconnaissance qu’une responsabilité : celle d’être un exemple.
SRMV : Quel a été votre parcours sportif ?
MH : À 17 ans, en 1980, je deviens vice-champion d’Europe cadet, puis champion d’Europe junior à 19 ans. Après quelques années plus difficiles, je reviens fort en 1984, année olympique : numéro 1 français en -71 kg, finaliste du Tournoi de Paris, je termine 5e au championnat de France, battu par celui qui finalement représentera la France aux Jeux.
SRMV : Votre parcours professionnel est-il le prolongement de cette passion ?
MH : Sportif de haut niveau à l’INSEP, je prépare un diplôme à l’Institut de gestion et de formation pour créer ma société de vêtements sportifs. Parallèlement, j’enseigne le judo. En 1995, je ferme ma société et deviens éducateur sportif de la ville de Chevreuse qui m’avait proposé de succéder à mon père partant à la retraite.
SRMV : Quelle a été votre contribution au développement et à la promotion du judo ?
MH : Au-delà de mon parcours de sportif de haut niveau et d’enseignant, je me suis engagé auprès des clubs du territoire avec pour objectif de créer une culture commune en mutualisant les moyens. Cadre technique départemental, j’agis au sein de la commission Handi’78 pour organiser et développer la pratique du judo adapté. J’accompagne les clubs, participe à la formation des encadrants à l’accueil de judokas en situation de handicap et parfois, permet la détection des sportifs de haut niveau. Localement, nous avons créé avec la ville de Saint-Rémy-lès-Chevreuse un dojo solidaire à l’école Liauzun, où je donne des cours aux adultes de l’ESAT de l’Arche d’Aigrefoin.
SRMV : Qu’avez-vous ressenti lors de la remise de votre grade ?
MH : Le 6e dan n’est pas un simple examen : c’est la reconnaissance d’une vie consacrée au judo. C’est dans le regard des autres que j’en mesure toute la valeur.
Qu’est-ce que le 6e dan ?
Le 6e dan représente un niveau de maîtrise exceptionnel. Les détenteurs portent une ceinture rouge et blanche, symbole de leur expertise et de leur engagement, et deviennent des références locales pour l’arbitrage, les passages de grades et la transmission des valeurs du judo.